✦ ⛤ ✦

Le Concorso Internazionale dell’Iris
di Firenze

Le plus ancien concours international d’iris encore en activité. Depuis 1957, le Giardino dell’Iris au Piazzale Michelangelo juge anonymement les créations du monde entier. Le Fiorino d’Oro : la distinction suprême de l’iris en Europe.

Florence · Depuis 1957 Fiorino d’Oro Palmarès 2000–2026 France & Concours
Le Concorso Internazionale dell’Iris di Firenze est le plus ancien concours international d’iris encore en activité. Fondé en 1954, inauguré en 1957, il a traversé guerres froides, crises économiques et pandémie. En 2026, sa 68e édition réunit des créateurs du monde entier dans le cadre exceptionnel du Giardino dell’Iris — au flanc du Piazzale Michelangelo, dominant Florence et la vallée de l’Arno. Le Fiorino d’Oro reste, aux yeux des hybrideurs européens, la distinction suprême de leur discipline.

Le doyenné du monde — une institution unique

Plus de soixante-cinq ans de concours international, un jardin bot-anique monogénérique, une médaille qui vaut plus que tous les prix

Florence porte l’iris sur ses armoiries depuis le XIIe siècle. Ce n’est pas un lis, contrairement à ce qu’une confusion vieille de huit cents ans voudrait faire croire : c’est un Iris germanica var. florentina, le « giaggiolo » toscan, dont la racine parfumait déjà les compositions des Médicis. La Société Italienne de l’Iris le rappelle sans ambigûité : « Nel suo gonfalone, come emblema, c’è un’iris rossa (e non un giglio come erroneamente si crede) ». C’est dans ce terreau symbolique unique que le Concorso a pris racine.

Le concours est à la fois le plus ancien et le plus complet de son genre. Il se distingue de tous ses équivalents mondiaux par trois caractéristiques cumulatives : l’anonymat total pendant trois années de culture, un jury international de cinq membres renouvelés, et un écosystème de prix spéciaux couvrant toutes les dimensions de la fleur — couleur, parfum, précocité, commercialité, ramification. Nulle part ailleurs en Europe un iris n’est jugé aussi longuement, aussi complètement.

1957 Première édition
68 Éditions en 2026
3 ans Culture avant jugement
150 Record de participants (2004)
2–3 000 Variétés au jardin
2,5 ha Surface du Giardino

Les hybrideurs qui remportent le Fiorino d’Oro intègrent une liste d’élite qui court de 1957 à aujourd’hui. Ils viennent de tous les continents — mais c’est l’Italie qui, depuis 2018, a pris une domination quasi ininterrompue sur ce concours qu’elle a créé.

✿ ⚘ ✿

Histoire — des femmes, une vision

De l’initiative de 1954 à l’inauguration de 1957 : deux passiondées et un futur maire

L’histoire du Concorso commence par une rencontre improbable entre deux femmes de la haute société florentine et un fonctionnaire municipal visionnaire. En 1954, Flaminia Goretti Specht (1905–2004) et Nita Stross Radicati, membres de la Società Italiana Amici dei Fiori et elles-mêmes hybrideuses passionnées, proposent à la municipalité de Florence de créer un concours international d’iris. Elles trouvent en Piero Bargellini un allé fondamental : alors assesseur aux Beaux-Arts et aux Jardins (et futur maire de Florence pendant la grande inondation de 1966), il obtient le soutien municipal et l’attribution du terrain du « Podere dei Bastioni », en contrebas du Piazzale Michelangelo.

Il n’est pas anodin que cette initiative vienne de femmes. Une troisième figure, moins florentine mais tout aussi décisive, se tient en arrière-plan : la comtesse Mary Gayley Senni (1884–1972), d’ascendance américaine, dont le jardin de Grottaferrata près de Rome avait été un pôle européen de l’hybridation. En 1937, elle avait déjà essayé d’organiser un concours international à Rome — interrompu par la guerre. En 1957, elle co-fonde le Giardino dell’Iris et contribue à rédiger le règlement du concours. La British Iris Society lui décernera la Foster Memorial Plaque en 1959.

Le jardin, conçu par l’architecte Giuliano Zetti, est inauguré en mai 1957. La première édition du concours a lieu la même année. Le 12 mars 1959, la Società Italiana dell’Iris (S.I.D.I.) est formellement constituée à l’initiative du botaniste Alberto Chiarugi, premier président. Association culturelle à but non lucratif, elle fonctionne depuis lors entièrement grâce au bénévolat.

Une chronologie du symbole florentin

Rappelons le contexte symbolique qui donne au concours une résonance particulière. L’iris est attesté comme symbole florentin depuis la seconde moitié du XIIe siècle. Les Florentins le portaient au combat lors de la première croisade. En 1251, après la victoire des Guelfes à Figline Valdarno, les couleurs furent inversées : l’iris blanc sur fond rouge (emblème gibelin) devint un iris rouge sur fond blanc (emblème guelfe), qui perdure jusqu’à nos jours. Dante l’évoque dans le Paradis (Chant XVI, 152–154). Le Fiorino d’Oro évoque quant à lui le florin médiéval, monnaie-étalon de toute l’Europe commerciale du XIIIe siècle.

Being ever the politician, I was in my glory. — Joe Ghio, président du jury en 1988, après son discours de remerciement en toscan dans le Salone dei Cinquecento du Palazzo Vecchio
✿ ⚘ ✿

Le Giardino dell’Iris — un jardin unique au monde

Le seul jardin botanique monogénérique au monde consacré exclusivement au genre Iris

Sur le flanc oriental du Piazzale Michelangelo, dominant Florence et la vallée de l’Arno, s’étend un jardin de 2,5 hectares — récemment agrandi de 3 500 m² grâce au soutien de la Fondazione CR Firenze. C’est le seul jardin botanique monogénérique au monde exclusivement consacré au genre Iris.

Les collections

Le jardin abrite entre 2 000 et 3 000 variétés, principalement des grands iris barbus (Iris barbata alta), mais aussi des iris intermédiaires, nains, de bordure, japonais, de Sibérie, de Louisiane, Spuria, de Californie et des espèces sauvages — dont Iris pallida, Iris florentina, Iris setosa et Iris unguicularis. Il conserve en outre la collection complète des lauréats de la Dykes Medal américaine depuis 1927 — une ressource patrimoniale sans équivalent en Europe.

Reconnu comme réserve importante de patrimoine génétique du genre Iris, le jardin fait partie depuis 2021 du périmètre UNESCO du patrimoine mondial de Florence. Il est ouvert au public gratuitement chaque année, généralement du 25 avril au 20 mai, selon la floraison.

Adresse : Piazzale Michelangelo, 1 — 50125 Firenze

Société gestionnaire : Società Italiana dell’Iris (S.I.D.I.) — societaitalianairis.com

Contact : Via Bolognese, 17 — 50139 Firenze — +39 055 483112 — segreteria@irisfirenze.it

Entrée : Gratuite pendant la période de floraison (fin avril – mi-mai)

L’iris et la parfumerie florentine

Le jardin n’est pas qu’un lieu de concours : il incarne aussi une tradition toscane millénaire. La Toscane exportait au XIXe siècle quelque 10 000 tonnes de rhizomes séchés chaque année. Les racines d’Iris pallida — récoltées, séchées trois à cinq ans — donnent le célèbre beurre d’iris, riche en irones, dont le prix peut atteindre 80 000 €/kg. L’Officina Profumo-Farmaceutica di Santa Maria Novella, l’une des plus anciennes pharmacies du monde, en utilise encore. C’est Catherine de Médicis qui, en épousant Henri II en 1533, apporta ce savoir-faire à la France, contribuant à fonder l’industrie française du parfum.

✿ ⚘ ✿

Règlement — trois ans d’anonymat

Un protocole rigoureux qui garantit l’intégrité du jugement sur la durée

Le Concorso di Firenze se distingue par l’un des protocoles de jugement les plus exigeants du monde horticole. En voici les principes fondamentaux.

Dépôt des rhizomes

Les hybrideurs du monde entier envoient leurs rhizomes à Florence entre juin et septembre de l’année précédant le premier cycle. Chaque variété reçoit un code anonyme : le jury ne connaît ni le nom de la variété ni celui de l’hybrideur. Les rhizomes sont cultivés au jardin pendant trois années complètes, observés à chaque floraison saisonnière. Seul ce suivi pluriannuel garantit que la floraison régulière, la vigueur, la résistance aux maladies et la constance du coloris sont évaluées — et non une performance isolée.

Participation

Chaque hybrideur peut inscrire un maximum de six variétés par catégorie. Le concours est ouvert à tous, professionnels comme amateurs. Le record de participation fut atteint en 2004 avec 150 nouvelles variétés en jugement. En année ordinaire, le nombre tourne autour de 80 à 120 candidats.

Le jury

Un jury international de cinq membres procède à l’évaluation finale lors de la période de floraison (fin avril – début mai). Les jurés sont issus de différents pays ; des hybrideurs français ont régulièrement siégé au jury. En sens inverse, des jurés italiens ont présidé Franciris (Sofia Cavini en 2024, Valeria Romoli en 2011, Paolo Gambassini en 2000).

Les catégories

Le concours couvre plusieurs catégories : Barbate Alte (grands iris barbus TB, catégorie principale), Barbate da Bordura (iris de bordure), et d’autres classes selon les inscriptions. Le Fiorino d’Oro récompense le meilleur grand barbu de l’année.

Les prix décernés

Ce système de prix spéciaux par couleur — unique au monde — réflète la conviction fondatrice que la quête du rouge, le raffinement du bleu, la chaleur du jaune méritent chacun une reconnaissance distincte. Le « Premio Comune di Firenze pour le rouge » est particulièrement symbolique : il renvoie au gonfalon florentin, l’iris rouge sur fond blanc.

✿ ⚘ ✿

Palmarès complet — 2000–2026

Tous les lauréats du Fiorino d’Oro depuis l’an 2000, avec les podiums détaillés pour les années où les données sont disponibles

Année Éd. Cultivar (Fiorino d’Oro) Hybrideur Pays
200042eDiaboliqueSchreiner’s Gardens🇺🇸 USA
200143eH.C. StetsonR.E. Stetson II🇺🇸 USA
200244eDude RanchPaul Black🇺🇸 USA
200345ePay The PriceGraeme Grosvenor🇦🇺 Australie
200446eFrosted FantasyAnna & David Cadd🇺🇸 USA
200547ePaul BlackThomas Johnson🇺🇸 USA
200648eRecondita ArmoniaMauro Bertuzzi🇮🇹 Italie
200749eAurélieRichard Cayeux🇫🇷 France
200850eMorning SunriseThomas Johnson🇺🇸 USA
200951eRavissantRichard Cayeux🇫🇷 France
201052eAlé ViolaStefano Gigli🇮🇹 Italie
201153eSilk RoadKeith Keppel🇺🇸 USA
201254eCheyenne My DogRoberto Marucchi🇮🇹 Italie
201355eVento di MaggioAugusto Bianco🇮🇹 Italie
201456eDriftingSchreiner’s Gardens🇺🇸 USA
2015 et 2016 : concours non tenu
201759eSpirit RiderSchreiner’s Gardens🇺🇸 USA
201860eAnima CaraAngelo Garanzini🇮🇹 Italie
201961eChacharZdeněk Seidl🇨🇿 Tchéquie
202062eDalíAugusto Bianco🇮🇹 Italie
202163eBelle FilleMarky Smith🇺🇸 USA
202264eMatka TheresaRobert Piatek🇵🇱 Pologne
202365eAzzurro CieloAngelo Garanzini🇮🇹 Italie
202466eMe PizzicaAugusto Bianco🇮🇹 Italie
202668eDedicato a TeAugusto Bianco🇮🇹 Italie

Podiums détaillés pour les années documentées

2002 (44e) — 1er : Dude Ranch (Black, USA) ; 2e : Haut Les Voiles (Cayeux, France) ; 3e : Anvil of Darkness (Innerst, USA). Top 10 incluant Lark Rise (Bartlett, UK), Twilight Cloud (Chapman, Canada), Share the Spirit (Grosvenor, Australie).

2003 (45e) — 1er : Pay The Price (Grosvenor, AU) ; 2e : Slovak Sapphire (Mego, Slovaquie) ; 3e : Ghost Train (Schreiner’s, USA) ; 4e : Reap The Rewards (Grosvenor, AU).

2006 (48e) — 1er : Recondita Armonia (Bertuzzi, IT) ; 2e : High Class (Black, USA) ; 3e : Mythology (Johnson, USA). Premier Fiorino d’Oro italien depuis les débuts du concours.

2010 (52e) — 1er : Alé Viola (Gigli, IT) ; 2e : Anton Mego (Slovaquie) ; 3e : Thomas Johnson (USA).

2019 (61e) — 1er : Chachar (Seidl, CZ) ; 2e : Lingua di Drago (Bolchi, IT) ; 3e : Enraptured (Schreiner’s, USA) ; 4e : Charmandà (Burkhardt, DE) ; 5e : Anima Triste (Garanzini, IT). Prix précoce : High Desert (Keppel, USA). Seidl place quatre entrées dans le top 10.

2021 (63e) — 1er : Belle Fille (Smith, USA) ; 2e : Mimmamaria (Luconi, IT) ; 3e : Cloud Dweller (Schreiner’s, USA) ; 4e : Ezioaldo (Luconi, IT). Première édition post-COVID avec jury international complet.

2022 (64e) — 1er : Matka Theresa (Piatek, PL) ; 2e : Controcorrente (Marucchi, IT) ; 3e : Kriminal (Bianco, IT) ; 4e : semis 30-14-3 (Bianco, IT).

2023 (65e) — 1er : Azzurro Cielo (Garanzini, IT) ; 2e : Diablo Rojo (Schreiner’s, USA) ; 3e : Mondo Gatto (Montanari, IT). Édition dédiée à la mémoire d’Anne Barbetti.

2024 (66e) — 1er : Me Pizzica (Bianco, IT). Prix spéciaux : rouge : Vibrazioni di Velluto (Bianco) ; couleur originale : Gotham (Schreiner’s) ; bleu : Cielo Velato (Garanzini) ; parfum : Justify (Filardi, USA).

✿ ⚘ ✿

68e édition, 2026 — Dedicato a Te

Augusto Bianco signe un troisième Fiorino d’Oro, Roland Dejoux remporte le prix Louise Branch pour la France

La 68e édition du Concorso Internazionale dell’Iris s’est tenue du 4 au 9 mai 2026 au Giardino dell’Iris. Le palmarès témoigne d’une domination italienne confirmée, avec toutefois des pres-ences allem-andes remarquables et une distinction française bien méritée.

Catégorie Barbate Alte — Podium principal

PrixNuméroCultivarHybrideur
1er — Fiorino d’OroN° 36Dedicato a TeAugusto Bianco (Italie)
2e — Premio Regione ToscanaN° 45Semis 17 Lost World × All Night Long 1 BirPia Altenhofer (Allemagne)
3e — Premio Confindustria ToscanaN° 30Ninfa del MareAngelo Bolchi (Italie)
4e — Medaglia Piero BargelliniN° 82Perla SelvaggiaAugusto Bianco (Italie)

Mentions honorables (5e–10e)

RangCultivarHybrideur
5eOnda InfrantaBeatrice Rigatti & Giordano Martini (Italie)
6eBlue MysteryTerry Aitken (USA)
7eCharm OffensiveBruce Filardi (USA)
8eUccello d’OroAngelo Bolchi (Italie)
9eTittiLorena Montanari (Italie)
10eVenereBeatrice Rigatti & Giordano Martini (Italie)

Prix spéciaux 2026

Prix spécialCultivar lauréatHybrideur
Premio Comune di Firenze — Meilleur rougeSansoneRigatti & Martini (Italie)
Premio Camera di Commercio — Meilleur commercialDedicato a TeAugusto Bianco (Italie)
Premio Amici dei Fiori « Silvio Bidallo » — Meilleur hybrideur italienDedicato a TeAugusto Bianco (Italie)
Premio Louise Branch — Meilleure ramificationGold on the SnowRoland Dejoux (France)
Premio Garden Club di Firenze — Couleur la plus originaleSemis 17 Lost World × All Night Long 1 BirPia Altenhofer (Allemagne)
Premio Profumi di Boboli — Variété la plus parfuméeSemis 19 Are You Free × Isadora Belle 5 BirPia Altenhofer (Allemagne)
Premio Rora e Luciano Bausi — Meilleur bleuBlush of BlueTerry Aitken (USA)
Premio Anne E. Barbetti Bahrenburg — Meilleur jauneTittiLorena Montanari (Italie)
Premio Giorgio Saviane — Meilleur précoceDedicato a TeAugusto Bianco (Italie)
Premio Société San Giovanni Battista — Meilleur violetEffetto NotteAngelo Garanzini (Italie)
Premio Laura Tancredi — Meilleur roseSemis 19 Are You Free × Isadora Belle 5 BirPia Altenhofer (Allemagne)
Premio Dario Bianco — Meilleure Barbata da BorduraAlba al ConeroLorena Montanari (Italie)

Lecture du palmarès 2026

Dedicato a Te d’Augusto Bianco réalise un quadruplé exceptionnel : Fiorino d’Oro (1er prix), Premio Camera di Commercio (meilleur commercial), Premio Amici dei Fiori (meilleur hybrideur italien) et Premio Giorgio Saviane (meilleur précoce). C’est le 3e Fiorino d’Oro de Bianco, après Vento di Maggio (2013) et Dalí (2020), un record que seuls Schreiner’s Gardens égalent (2000, 2014, 2017).

La présence allemande est exceptionnelle en 2026 : Pia Altenhofer remporte trois prix spéciaux (couleur originale, parfum, rose) avec deux semis non encore nommés, et se classe 2e au podium principal. Son semis 17 Lost World × All Night Long 1 Bir est l’un des moments marquants de l’édition.

La France en 2026 — Premio Louise Branch pour Roland Dejoux

Roland Dejoux, président de la SFIB et hybrideur installé à Laymont (Gers), remporte le Premio Louise Branch avec Gold on the Snow (N° 5). Ce prix couronne la variété ayant fait preuve de la meilleure ramification — une qualité horticole majeure qui conditionne le nombre de fleurs simultanément ouvertes et donc l’impact visuel de la plante. Ce n’est pas la première reconnaissance florentine pour Dejoux, dont le travail s’inscrit dans la tradition des hybrideurs français à Florence depuis Richard Cayeux.

✿ ⚘ ✿

La France au concours de Florence — une présence historique

De Ferdinand Cayeux aux hybrideurs contemporains : un axe franco-italien d’émulation et de reconnaissance mutuelle

La France et le Concorso di Firenze entretiennent une relation ancienne et féconde. Des hybrideurs français participent régulièrement au concours depuis ses premières décennies ; des jurés français ont siégé à Florence ; et en sens inverse, des jurés italiens ont présidé Franciris.

Richard Cayeux, double lauréat du Fiorino d’Oro

La page d’or de la France à Florence s’écrit en deux années consécutives : 2007 et 2009. Richard Cayeux remporte le Fiorino d’Oro avec Aurélie en 2007, puis avec Ravissant en 2009. C’est la seule série consécutive de victoires françaises dans l’histoire du concours. Elle consolide la réputation internationale de la maison Cayeux, qui avait déjà placé Haut Les Voiles en 2e position en 2002.

Cette période coïncide avec la montée en puissance internationale de la quatrième génération Cayeux. Richard Cayeux, ingénieur agronome, a multiplié les participations aux concours les plus difficiles — Florence, Franciris, Chelsea Flower Show, Munich — avec un programme d’hybridation orienté vers la qualité horticole globale plutôt que la seule nouveauté colorimétrique.

Les autres hybrideurs français à Florence

Au-delà de Cayeux, plusieurs hybrideurs français contribuent à la présence tricolore à Florence.

Roland Dejoux (Laymont, Gers) est l’hybrideur français le plus actif sur la scène florentine contemporaine. Président de la SFIB, il entretient des liens étroits avec les grands hybrideurs mondiaux (Keppel, Johnson, Ghio, Blyth) et a réalisé des croisements en Australie chez Blyth. Son iris Soleil de Laymont a obtenu le 1er prix à Florence en 2022 (dans une catégorie spéciale), et Gold on the Snow remporte en 2026 le Premio Louise Branch — distinction pour la meilleure ramification.

Nicolas Bourdillon (Soings-en-Sologne) participe également régulièrement au concours, portant la tradition de la pépinière familiale fondée en 1905 dans la compétition internationale.

Une reconnaissance croisée franco-italienne

L’axe franco-italien est l’une des grandes réalités de l’iridologie européenne. Des jurés italiens ont présidé le Franciris (Paolo Gambassini en 2000, Valeria Romoli en 2011, Sofia Cavini en 2024) ; des jurés français siègent régulièrement à Florence. La revue Iris et Bulbeuses de la SFIB consacre régulièrement des articles aux hybrideurs italiens. Sylvain Ruaud, à travers son blog irisenligne (2001–2023, plus de 2 800 articles), a considérablement contribué à faire connaître l’hybridation italienne au lectorat françophone, notamment avec ses articles « L’Italie, grande enfin » (2019) et « The Italian Ladies » (2019–2020).

Seul double gagnant Florence & Franciris : Chachar (Zdeněk Seidl, Tchéquie) reste à ce jour le seul cultivar à avoir remporté les deux plus grands concours européens — le Prix Philippe de Vilmorin à Franciris 2017 et le Fiorino d’Oro à Florence 2019. High Desert (Keppel, USA) a, lui, remporté le 2e prix à Franciris 2017 et le Premio Giorgio Saviane (meilleur précoce) à Florence 2019, soulignant la cohérence des jugements européens.

La France dans l’histoire longue du concours

2002 Haut Les Voiles (Cayeux) — 2e place. Première présence française documentée sur le podium florentine depuis l’ère moderne.
2007 Aurélie (R. Cayeux) — Fiorino d’Oro. Première victoire française à Florence.
2009 Ravissant (R. Cayeux) — Fiorino d’Oro. Double consécutif unique dans l’histoire du concours pour un pays non-italien.
2022 Soleil de Laymont (Dejoux) — 1er prix catégorie spéciale. Inscription de Dejoux dans le palmarès florentin.
2026 Gold on the Snow (Dejoux) — Premio Louise Branch (meilleure ramification). Distinction florentine pour le président de la SFIB.
✿ ⚘ ✿

Géographie des victoires — un basculement historique

De la domination américaine des années 2000 à la nouvelle vague italienne des années 2020

Sur les 25 éditions documentées entre 2000 et 2024 (2015 et 2016 non tenues), le Fiorino d’Oro a été décerné à 11 reprises à des hybrideurs américains, 8 fois à des Italiens, 2 fois à des Français (Cayeux), et une fois chacun à un Australien, un Tchèque et un Polonais. La tendance récente (2017–2026) est sans équivoque : l’Italie domine avec 6 victoires sur 8 éditions tenues.

11 Victoires USA
2000–2026
9 Victoires Italie
2000–2026
2 Victoires France
(Cayeux 2007, 2009)
3 Fiorinos Bianco
(2013, 2020, 2026)

L’ère Bianco

Augusto Bianco est le grand hybrideur du concours depuis les années 2010. Avec trois Fiorini d’Oro (2013, 2020, 2026) — record égalé seulement par Schreiner’s Gardens — et de nombreux prix spéciaux dans presque chaque édition, il s’est imposé comme la figure de proue de l’hybridation italienne contemporaine. Sa recherche du rouge — Vibrazioni di Velluto, Nduja, Purosangue — répond directement à la symbolique florentine du gonfalon rouge.

Schreiner’s, le seul équivalent américain

Schreiner’s Gardens (Salem, Oregon) est la seule pépinière américaine à maintenir une présence régulière et compétitive à Florence sur toute la période — trois Fiorini (2000, 2014, 2017) et de multiples citations. Thomas Johnson (Mid-America Garden) aligne deux victoires (2005, 2008) et des présences constantes, y compris en tant qu’introducteur des cultivars Blyth.

La diversité européenne

L’une des caractéristiques les plus remarquables de la période 2017–2026 est la diversité géographique des podiums. La Tchéquie (Seidl, 2019), la Pologne (Piatek, 2022), l’Allemagne (Altenhofer, 2e en 2026) se hissent au sommet. Le concours florentin est devenu le baromètre de l’hybridation européenne dans sa diversité — là où la Dykes Medal américaine reste quasi-exclusivement nord-américaine.

Le Concorso di Firenze est aujourd’hui ce que la Coupe du Monde est au football : une compétition où l’Europe a repris la main sur la puissance américaine, sans l’exclure. — Analyse comparative Franciris & Florence, SFIB 2025
✿ ⚘ ✿

Sources — & références

Documentation utilisée pour la rédaction de cet article

Sources primaires

Società Italiana dell’Iris (S.I.D.I.)societaitalianairis.com — palmarès officiels, règlement, historique.

Comune di Firenzecomune.fi.it — communiqués de presse du concours.

Palmarès officiel 68e édition (2026)Elenco Premi, 68° Concorso Internazionale dell’Iris 2026 (document HTML transmis à la SFIB).

Sources secondaires et analyses

AIS World of Irises« The Italian Ladies » (sept. 2019) ; « Italian Irises, Great at Last! » (févr. 2020).

Sylvain Ruaud, irisenligne (2001–2023) — « L’Europe des iris en 2019 ».

La NazioneFirenze premia i migliori iris : vince Augusto Bianco.

Florence Journal54th International Iris Competition.

ANSA Toscanaansa.it/toscana — résultats 2023.

Florence International Iris Competition : 25 Years of Results and Cross-Competition Analysis — étude comparative SFIB/irisenligne, 2025.

Sources sur la France à Florence

Cayeuxcayeux.fr — historique des distinctions internationales.

Iris de Laymont (Roland Dejoux)les-iris-de-laymont.fr.

Iris et Bulbeuses (revue SFIB) — n° 168, 169, 174 — articles sur les concours et hybrideurs italiens.

Sources historiques

SFIB — Notes sur la Comtesse Mary Gayley Senni et la fondation du Giardino dell’Iris.

Wikipedia — Giglio di Firenze — héraldique florentine.

Dante Alighieri, La Divina Commedia, Paradiso, Chant XVI, v. 152–154 (allusion au gonfalon).

✿ ⚘ ✿