Votre iris plicata
🎚️ Intensité du plicata
🎨 Couleur de la marge
⬜ Largeur de la zone blanche
🏵️ Couleur du fond (ground)
🔴 Signal patch (tache de gorge)
⚖️ Différence Standards / Chutes
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120 ans d'évolution du motif plicata
Marie-Guillaume de Bure et les premiers plicatas
Le motif plicata est identifié pour la première fois chez Iris pallida, dont les populations sauvages de Dalmatie présentent naturellement des bordures bleu pâle sur fond blanc. Marie-Guillaume de Bure « apprivoise » ce caractère dans les années 1830, sélectionnant les premières variétés à motif régulier. Les teintes se limitent alors au bleu-lavande, avec un sanding léger et irrégulier. Le fond est invariablement blanc pur.
Les Sass et les premiers plicatas américains
Les frères Sass du Nebraska transforment le plicata. Ils élargissent la palette chromatique au violet, puis au brun-rouge, et augmentent la densité du motif, passant du simple sanding au stitching serré. Hans Sass introduit le concept de « clean white center » — une zone centrale immaculée contrastant avec des bordures saturées. Les plicatas deviennent des prétendants aux concours.
Tell, Schreiner et la perfection formelle
William Tell et les pépinières Schreiner portent le plicata à la perfection formelle. Le stitching devient régulier, précis, comme tracé à l'encre de Chine. 'Stepping Out' (Schreiner, 1964) remporte le Dykes Medal en 1968 et devient l'archétype universel du plicata : fond blanc glacé, coutures bleu-violet d'une netteté chirurgicale. Cette période définit le « standard plicata » que tout hybrideur mesure encore aujourd'hui.
Keith Keppel et l'explosion des combinaisons
Keith Keppel révolutionne la catégorie en explorant systématiquement les interactions entre le locus Pl et les gènes de pigmentation du fond. Il introduit les plicatas sur fond jaune, crème, et abricot, puis les plicatas à marge rose, créant des combinaisons chromatiques inédites. Il développe aussi les « fancy plicatas » (fanciata) où un lavis anthocyanique couvre partiellement la zone blanche. Sa compréhension théorique du locus Pl établit le cadre génétique que les hybrideurs utilisent encore.
Splashacata, broken color et distalata-plicata
Les frontières du plicata éclatent. Brad Kasperek crée les « broken colors » — taches irrégulières, asymétriques, rappelant les tulipes Rembrandt — avec 'Batik' (Ensminger, 1986) comme précurseur puis 'Splashacata' (Tasco, 1997) comme manifeste. Parallèlement, Richard Ernst fixe le distalata-plicata avec 'Ring Around Rosie' vers 2000, issu de la lignée 'Wild Jasmine' : les éclaboussures désordonnées sur les chutes remplacent les coutures régulières. Le plicata n'est plus un motif mais une famille entière.
Extrêmes, remontance et plicatas totaux
Les hybrideurs contemporains poussent chaque paramètre à son extrême. 'Midnight Velvet' (Johnson, 2014) réalise le « plicata total » où la marge violet-noir envahit presque toute la surface, ne laissant qu'un mince fil blanc. À l'opposé, les plicatas « fantômes » ne conservent qu'un soupçon de sanding pastel. La remontance, longtemps difficile à combiner avec le motif plicata, est atteinte par 'Autumn Explosion' (Tasco, 2013, Wister Medal 2019). Les plicatas dotted (pointillés fins) et les plicatas sur fond orange ou saumon constituent les dernières frontières.
Génétique du locus Pl
Le locus Pl — chef d'orchestre du motif
Le motif plicata est contrôlé par un locus génétique unique appelé Pl. L'allèle dominant Pl produit un « self » (couleur uniforme). L'allèle récessif pl restreint l'anthocyane aux marges des pétales. Chez les iris tétraploïdes, il faut quatre doses de pl (pl·pl·pl·pl) pour exprimer pleinement le motif.
La hiérarchie allélique
Le locus Pl porte une série allélique avec une dominance hiérarchique :
| Allèle | Motif | Dominance |
|---|---|---|
| Pl | Self (uniforme) | Dominant sur tous |
| pl | Plicata | Récessif vs Pl |
| pllum | Luminata | Récessif vs pl |
| plgla | Glaciata | Récessif vs tous |
Les combinaisons spéciales
Lumiplic : deux doses de luminata + deux doses de plicata. L'iris présente un motif hybride avec des marges claires (luminata) et des bordures anthocyaniques (plicata) superposées.
Fanciata (Fancy Plicata) : le motif plicata est recouvert d'un lavis anthocyanique qui colore partiellement la zone blanche, créant un effet de voile coloré sur fond clair.
Amoena-plicata : le motif plicata n'apparaît que sur les chutes (sépales), les standards restant blancs grâce au gène inhibiteur Is.
Règles de croisement
Plicata × plicata = 100% plicatas (les deux parents sont pl·pl·pl·pl).
Plicata × self pur = 0% plicata en F1 (tous Pl·pl·pl·pl = self à aspect normal).
F1 × F1 ou F1 × plicata = ségrégation avec apparition de plicatas en F2.
Plicata × luminata = résultats variables selon le dosage, possibilité de lumiplics.
Origine botanique
Le motif plicata provient d'Iris pallida, espèce dalmate dont les populations sauvages portent naturellement des bordures bleu pâle sur fond blanc. Ce caractère a été transmis aux hybrides d'I. × germanica dès le XIXe siècle. L'allèle plicata est un inhibiteur régional de la synthèse d'anthocyanes, permettant leur expression uniquement dans les cellules marginales des pétales.
Les gènes modulateurs
L'intensité du plicata (sanding vs stitching) est contrôlée par des gènes modificateurs polygéniques, indépendants du locus Pl. Ces gènes déterminent la largeur de la bande anthocyanique, la densité des points, et la netteté de la transition entre zone colorée et zone blanche. C'est pourquoi deux plicatas portant le même génotype Pl peuvent avoir des aspects très différents.